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Cannes, les palmes d'or




Avec mon sens habituel du contrepoint, j’ai choisi, une semaine après les Césars et les Oscars, de parler… du festival de Cannes. Non pas qui je ne sois pas ravi de la victoire écrasante de « The artist », je m’en suis déjà expliqué. Pour avoir remis au goût du jour (ou tout au moins pour quelques semaines) cet art magnifique et complètement à part qu’est le cinéma muet, j’applaudis des deux mains. J’ai en revanche beaucoup plus de mal avec l’unanimité autour de la musique et là aussi je m’en suis expliqué. Pour moi, elle est totalement ratée…
J’ai récemment écrit à propos du « Vent se lève » de Ken Loach, qu’avec une palme d’or cannoise on pouvait rarement se tromper. Alors je suis allé faire un tour sur le net pour évaluer ma culture cannoise. Sur les soixante quatorze films primés depuis 1949 (oui, cela fait plusieurs films par an, il y a eu plusieurs fois deux lauréats et le festival n’a pas eu lieu en 1950 et 1968), je n’en ai vu que trente-cinq soit un peu moins de la moitié. Mais bon, sur les vingt dernières années, j’en ai vu quatorze.

La note moyenne que j’ai donnée à ces films est de 2,6 (je vous rappelle que je note les films de 0 à 4 étoiles) soit à peine plus que la note moyenne de ma base de films comportant plus de mille sept cent films qui est de 2,5. Tout cela n’est pas très engageant et finalement j’en reviens à regretter ma petite phrase sur la qualité des lauréats du festival de Cannes. J’ai quand même décidé de pousser un peu plus loin l’investigation en tentant de classer les palmés en huit catégories :

- Les chefs-d’œuvre (4)
- Presque au top (13)
- Ouais, bon… (6)
- Je me suis ennuyé et même endormi par moments (3)
- Vieux (2)
- Je ne me souviens plus de rien (4)
- Les films que la plupart aiment mais pas moi (2)
- Hors-catégorie, tellement ce film est une nullité (1)

Les chefs d’œuvre (4)

Je vais faire un petit classement dans mon classement, en tête de cette catégorie, je mets bien évidemment « L’éternité et un jour » de Theo Angeloupoulos. C’est tout ce que j’aime dans le cinéma : poésie, beauté, réflexion… Mais bon, allez lire mon article sur Angelopoulos, je ne vais pas réécrire ce que j’ai écrit il y a un mois.
« La chambre du fils » de Nanni Moretti m’a aussi touché par sa simplicité, le traitement tout en finesse du deuil d’un fils, rien à voir avec les gros machins pompiers Hollywoodiens. Ici, c’est le thème qui porte le film, la réalisation est beaucoup plus discrète et moins virtuose que celle d’Angelopolos, elle se fait presque oublier, cela ne m’a pas génê, le thème est tellement fort. Il n’y a vraiment que « Tois couleurs – bleu » de Kieslowski qui puisse rivaliser dans le même genre.
« If… » de Lindsay Anderson où j’ai retrouvé avec plaisir le Malcom McDowell d’ « Orange mécanique ». Ce film a été une vraie surprise pour moi. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’ai été conquis par ce mélange de nihilisme et de burlesque.
Enfin, « Le vent se lève », le film qui m’a conduit à écrire cet article. Pour avoir un peu développé ma culture historique sur l’Irlande mais surtout pour la manière de filmer le déchirement entre compatriotes d’une manière si poignante, je ne peux que remercier Ken Loach de m’avoir fait passer un grand moment

Presque au top (13)

Je vais aller un peu plus vite sur cette catégorie qui comporte douze films. Ils ont tous en commun de m’avoir conquis mais il y manquait toujours ce petit quelque chose qui en font des grand films, un peu plus de beauté ou d’humanité, je ne sais trop, une œuvre d’art ne peut se juger suivant des critères purement objectifs, d’où la difficulté d’en faire la critique.
Je vais quand même parler de deux de ces films :
« Blow up » d’Antonioni. J’ai commencé la filmographie d’Antonioni avec « L’avventura », il avait tout pour me plaire, notamment la collaboration avec le grand scénariste Tonino Guerra (qui a contribué aux scénarii pour Angelopoulos, Tarkovski, Fellini…) et pourtant je n’ai trouvé aucun intérêt à ce film, relent du néo-réalisme italien qui n’est pas du tout ma tasse de thé. Je me suis donc un peu forcé pour « Blow up » et je n’ai pas regretté. Ce film est un Ovni, tellement à part des autres et malgré son ambiance seventies (pourtant il a été réalisé en 1966), il ne s’y passe pas grand-chose, mais j’ai aimé les aventures du dandy photographe apprenti détective. Il faudra quand même que j’aille explorer les autres films d’Antonioni
« La leçon de piano ». D’abord pour la musique revenant incessamment tout au long du film, il mérite toute sa place ici. Puis ensuite pour la prestation d’Harvey Keitel qui est génial dans un rôle très ambigu qui fait toute la force du film. Les histoire d’amour improbables sont légion dans le cinéma mais elles tombent souvent dans la mièvrerie pour sombrer dans les poncifs des romances hollywoodiennes (ils se rencontrent par hasard, s’aiment tout de suite, se séparent ; puis vient une longue scène où l’on voit chacun des personnages vivre séparément sa vie sous fond de musique mièvre, pour enfin dépasser leurs différences et se retrouver… snif, ça donne envie de pleurer !).

Un petit mot pour les onze autres « élus » :
- M*A*S*H : ah, lèvres en feu, tout un programme !
- Taxi driver : pour tout sauf « Are you talking to me »
- Paris, Texas : (Ry Cooder + Wim Wenders) > Ry Cooder + Wim Wenders
- The mission : belle épopée humaniste
- Sous le soleil de satan : pourquoi Gérard Depardieu a tourné dans « Astérix » ?
- Le goût de la cerise : original à ne pas recommencer (je veux parler de « Ten » bien évidemment).
- L’anguille : un modèle de tragédie
- Yol : une découverte du cinéma turc
- Dancer in the dark : quand Lars von Trier ne dit pas de conneries, il fait des bons films.
- Le pianiste : la scène de mime au piano est fantastique.
- Le ruban blanc : pour le beau travelling au début du film.

Ouais, bon… (6)

Ni bons, ni mauvais, ces films font partie du gros ventre mou des films que je note deux étoiles, un peu par paresse. Cela se voit mais ne laisse pas de grand souvenir, de la consommation courante.
Je distinguerai encore trois films :

« Orfeu Negro », c’est le mythe d’Orphée et d’Euridyce au pays de la samba et du futchball. C’est bien fait mais j’aurais préféré un peu moins de musique et de danse qui nuisent selon moi à l’atmosphère tragique du film. J’avoue nettement préférer « L’Orphée » de Jean Cocteau. Il n’y avait qu’un poète pour revisiter aussi magnifiquement ce mythe.
« Apocalypse now » : j’aurais pu aussi le classer dans la catégorie : « Les films que la plupart aiment mais pas moi » mais en fait je ne déteste pas vraiment ce film. Il est assez ennuyeux à mon goût. Ce film a probablement été distingué car il a été un des (le ?) premiers films traitant de la guerre du Vietnam et à cause des frasques de Marlon Brando. Ce n’est plus qu’une petite chose maintenant.
« Kagemusha » : déçu, déçu, déçu… voilà les trois mots qui me viennent à l’esprit lorsque je parle de ce film. C’est brouillon, sale, pas très captivant. Bref, à ne pas ranger au top de la filmographie de Kurosawa.
Et pour les autres… « Entre les murs », « Elephant », « Quatre mois, trois semaines et deux jours », je n’ai rien à dire mis à part : bof !

Je me suis ennuyé et même endormi par moments (3)

La palme revient à « Quand passent le cigognes » où je me suis effectivement endormi. Ce film fait aussi partie de ceux pour lesquels je ne me souviens plus de rien (j’ai vraiment dû dormir beaucoup !).
Les deux autres (« La dolce vita » et « Le guépard ») outre le fait qu’ils sont tous les deux réalisés par un italien tombent dans la catégorie des films longs et chiants. « La dolce vita » n’est qu’un papillonnage infiniment long où l’on attend finalement que la scène de la fontaine de Trévi. Quant au « Guépard », j’ai essayé de le revoir récemment, j’ai tenu une demi-heure. Je ne suis pas sûr de réitérer l’expérience.

Vieux (2)

Deux films très différents constituent cette catégorie. D’abord « Le monde du silence » qui avait probablement le mérite d’être innovant à son époque mais est complètement dépassé par des films récents comme « Atlantis » (et oui, il y a des films de Luc Besson que j’aime mais bon, la scène de la raie manta nageant avec « La somnanbule » de Bellini en musique de fond, c’est magnifique) ou bien encore « Océans » (même si ce film n’est franchement pas terrible).
« Sexe, mensonges et vidéos » qui ne présente plus aucun intérêt aujourd’hui. Vingt ans c’est court comme durée avant péremption pour un film !

Je ne me souviens plus de rien (4)

« Le salaire de la peur », je l’ai vu il y a bien longtemps et j’ai tendance à mélanger le film et le livre. C’est la même chose pour « Porté disparu » que j’avais vu à sa sortie en 1982 ainsi que pour « Barton fink » vu en 1991 (je me souviens seulement que je l’avais bien aimé mais bon, c’était peut-être parce que je ne voulais pas contredire la personne avec qui je l’ai vu – dont je ne me souviens pas non plus !).
Pour « le troisième homme », c’est bien pire parce que je l’ai vu en 2007…

Les films que la plupart aiment mais pas moi (2)

« Pulp fiction » : le problème des films qui deviennent cultes à cause d’une petite scène de deux minutes (je veux parler du concours de danse où Uma Turman et John Travolta twistent ensemble), c’est qu’il y a deux heures et demie de film autour. Pendant longtemps j’ai cru que je n’aimais pas les films de Tarantino qui dépassaient les quatre-vingt dix minutes. En effet, tous ses films ne sont que des successions de sketches environnés de musique poussée à fond. Au bout d’un moment ça lasse. Heureusement il y a eu « Inglourious basterds » pour me prouver le contraire.
« Sailor et Lula » : dans le même genre que « Pulp fiction », c’est-à-dire pas beaucoup de liant dans le film et un peu trop de sang à mon goût. Dommage, David Lynch aurait pu faire un beau film un peu déjanté comme il sait le faire. Là, il a voulu sombrer dans le gore. Bouh, c’est laid !

Hors-catégorie, tellement ce film est une nullité (1)

Et la palme des palmes revient à… « Fahrenheit 9/11 ». Ce film est d’une extrême nullité, c’est d’ailleurs le seul zéro étoile de ma sélection cannoise d’aujourd’hui. Je ne parle même pas des qualités artistiques du film, ce n’était pas son intention et même si me lisant de temps en temps vous pouvez croire que je suis un obsédé des longs plans séquence de dix minutes, il n’y a pas que cela qui me plaît. J’aime bien aussi les mises en scène simples, dépouillées où on est pas toutes les deux minutes en train d’ouvrir la bouche béatement en disant « que c’est beau ».
Ce que je critique ici, c’est son message. Cette diatribe anti-Bush devient très vite ridicule, Michael Moore force trop le trait, c’est un dossier à charge mais le cinéaste aurait pu le faire avec un peu plus de finesse. George Bush en devient sympathique et pourtant je suis loin d’être un aficionado. Ce qui m’a le plus énervé, c’est qu’à la fin de la projection toute la salle a applaudi (sauf moi et peut-être quelques autres…). J’en ai marre de cette soi-disant élite soi-disant bien pensante qui se permet de dicter à une masse ce qu’elle doit penser. Ce film n’est qu’un vulgaire film de propagande, c’est même le pire de la propagande. C’est bête, mal fait, Cannes s’est vraiment égaré ce jour là. Alors Monsieur Moore, allez (re ?)voir un peu les films soviétiques des années vingt, vous verrez ce qu’est un beau cinéma de propagande et puis… un peu plus de finesse s’il vous plaît. Arrêtez de penser que tous les autres sont des imbéciles !

Ce n’est pas facile de conclure après cela. Mais finalement, mieux vaut des films qui font réagir que toute cette multitude qui me transforme en vache regardant passer les trains. Ce que j’apprécie tout particulièrement dans le palmarès du festival de Cannes, c’est qu’il me permet de découvrir des films auxquels je ne me serai pas forcément intéressé. Je veux parler de « L’éternité et un jour » , « L’anguille », « Yol », « If… », « Le vent se lève »… Alors je continuerai à suivre avec plaisir les deux semaines cannoises et à suivre le palmarès en direct (je me souviens que pour le dernier palmarès j’étais à Vienne, heureusement qu’une amie m’envoyait régulièrement par SMS les résultats du jury, je pouvais presque me croire devant ma télévision).


par tibo, dimanche 04 mars 2012

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Invictus




Genre : Drame
Réalisateur : C. Eastwood
Acteurs : M. Freeman,   M. Damon
Année de production 2009
Pays : US
Durée : 2h12
Note spectateur :
Note presse :

Synopsis (Source Allociné) : En 1994, l'élection de Nelson Mandela consacre la fin de l'Apartheid, mais l'Afrique du Sud reste une nation profondément divisée sur le plan racial et économique. Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté, Mandela mise sur le sport, et fait cause commune avec le capitaine de la modeste équipe de rugby sud-africaine. Leur pari : se présenter au Championnat du Monde 1995...

Ma critique : En regardant ce film je me suis dit : « est-ce que Clint Eastwood est un grand réalisteur ? », puis j’ai repensé à « Mystic river », « Million dollar baby », « Impitoyable » et les autres ; et la réponse est évidemment OUI. Mais au milieu de cette filmographie impressionnante il y a quand même quelques accidents, surtout lorsque le cinéaste fait de la science-fiction comme avec « Space cowboys » ou « Firefox » ou bien encore lorsqu’il glisse dans le pathos facilo-facile comme dans « Gran Torino ».
Pour « Invictus », c’est un peu le cas. En fait ce film aurait pu s’appeler « L’apartheid au pays des bisounours ». J’avoue ne pas connaître du tout les détails de la transition de l’Afrique du Sud dans les années 90 et même si le grand mérite du film est de montrer le rôle prédominant de Nelson Mandela dans ce processus, je trouve tout ceci un peu trop lisse, on a l’impression que tout se passe relativement bien, sans trop d’accrocs, grâce seulement à un match de rugby.
Enfin, si l’on parle de rugby, c’est là ma terrible déception. J’ai détesté la manière de filmer d’Eastwood. Elle était peut-être destinée à un public de béotiens, voulant rapprocher ce sport avec le football américain bien connu de la cible commerciale de ce film. Mais franchement, c’est sale, mal fait, le montage est très bizarre par moments. Bouh que c’est laid ! Allez voir « L’enfer du dimanche » (qui lui parle du football américain), vous verrez ce que c’est de bien filmer un sport. En fait, les scènes de rugby sont réduites au minimum et je le comprends bien, ce n’était pas le but du film mais cela n’aurait pas dû empêcher le cinéaste de faire quelques efforts !


par tibo, dimanche 26 février 2012

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L'arche russe




Genre : Historique
Réalisateur : A. Sokurov
Acteurs : S. Dreiden,   M. Kuznetsova
Année de production 2002
Pays : Russie
Durée : 1h35
Note spectateur :
Note presse :

Synopsis (Source Allociné) : Invisible pour ceux qui l'entourent, un réalisateur contemporain se retrouve comme par magie dans le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg au début du XVIIIe siècle. Il y rencontre un cynique diplomate français du XIXe siècle. Les deux hommes deviennent complices au cours d'un extraordinaire voyage dans le temps, à travers le turbulent passé de la Russie, qui les conduit jusqu'à nos jours.

Ma critique : J’hésite beaucoup en écrivant sur ce film. Est-ce seulement un animal de cirque ou au-delà de cela comporte-t-il une certaine valeur ? Côté animal de cirque c’est bien évidemment la prouesse de réaliser un film en un seul plan séquence. Et ici, ce n’est pas comme « La corde » d’Hitchcock où il y a un changement de plan grâce à un gros plan dans le dos uni des acteurs. J’aime beaucoup les plan séquence, Tarkovski et Angelopoulos ont excellé dans ce style, Sokurov pousse selon moi la virtuosité un peu trop loin, notamment au début du film où les plans sont beaucoup trop serrés à mon goût, le plan devient alors très artificiel. Puis, le cinéaste libère un peu l’espace et excelle vraiment dans les deux séquences finales : le bal, très approprié pour un long plan, où la caméra virevolte au milieu des danseurs puis la sortie du bal et la caméra qui recule parmi la foule, là, c’est du grand art.
Côté sujet, c’est assez décousu, le cinéaste nous présente trois siècles d’histoire russe à travers quelques unes des scènes de la vie quotidienne, ce n’est pas forcément très facile de suivre pour quelqu’un comme moi qui ne connaît pas vraiment l’histoire russe mise à part celle du 20ème siècle. Mais il y a surtout le parcours dans les salles du musée de l’Ermitage qui donne vraiment envie d’aller y errer un jour.
Enfin, la manière de présenter la succession de l’action à travers le discours de la caméra et d’un diplomate français parcourant tout comme les personnages des « Chasseurs » d’Angelopoulos est amusante et bien faite.
Alors, fallait-il absolument réaliser ce film en un seul plan ? De mon côté, je n’en suis pas si sûr, je l’aurai vu quoiqu’il arrive. Pour moi, c’est plus un argument commercial qu’artistique.


par tibo, dimanche 12 février 2012

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Alexandre le grand




Genre : Drame
Réalisateur : T. Angelopoulos
Acteurs : O. Antonutti,   E. Kotamanidou
Année de production 1980
Pays : Italie, Grèce
Durée : 3h50
Note spectateur :
Note presse : -

Synopsis (Source Allociné) : En 1900, à Athènes, un brigand échappé de prison répondant au nom d'Alexandre séquestre des diplomates anglais. Il exige que ses compagnons et lui-même soient amnistiés en échange de quoi il libérera ses otages.

Ma critique : Je profite de l’écriture de la critique du dernier long métrage d’Angelopoulos pour parler un peu de technique. Il s’agit bien évidemment du plan séquence. Et plus particulièrement du panoramique horizontal. Traditionnellement lorsque l’on voit un personnage regarder devant lui, il y a un contre-champ dévoilant ce qu’il regarde. Plus récemment, un Lars von Trier fait naviguer rapidement sa caméra d’un lieu à l’autre de la scène, le pano n’est pas fluide, il est saccadé, à la fois vertical et horizontal. Encore plus récemment, dans les films d’action US, la caméra bouge tellement vite que l’on ne voir plus rien sauf un grand flou qui donne mal au cœur.
Angeloupoulos privilégie les longs panoramiques horizontaux, très fluides et qui se transforment en plan à 360 degrés. Cela laisse le temps d’imaginer ce que sera le cadre qui se dévoile peu à peu devant nos yeux rajoutant un peu de mystère et de poésie à la scène. C’est très beau, harmonieux, en fait le seul reproche que je ferai à Angelopoulos c’est d’en abuser un peu trop. Un petit contre-champ de temps à temps, cela donnerait un peu plus d’intensité dramatique à ses films mais peut-être avait-il peut d’y perdre toute la poésie et l’unité de ses films.
Bon maintenant parlons un peu du film. Il fait d’abord référence à l’autre Alexandre, avec Bucéphal, son casque, son épée et ses crises d’épilepsie. Puis le cinéaste montre l’émergence d’une société idéale où tout est partagé par la communauté. C’est l’utopie communiste. Mais, le libérateur devient tyran, Staline, et s’oppose et détruit l’idéal Trotskiste pour sombrer dans le despotisme. Alexandre est à la fois un pantin dépassé par ses troupes n’émettant aucune parole en public et un dictateur gouvernant son village d’une main de fer. Evidemment cela se finit mal, l’utopie n’est pas atteignable.


par tibo, mercredi 08 février 2012

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Les chasseurs




Genre : Drame
Réalisateur : T. Angelopoulos
Acteurs : M. Chronopoulou,   K. Sefanakis
Année de production 1977
Pays : Grèce
Durée : 2h46
Note spectateur :
Note presse : -

Synopsis (Source Allociné) : Un groupe de riches chasseurs grecs fait une macabre découverte lors d'une chasse de routine : le cadavre d'un maquisard de la guerre civile.

Ma critique : Lors de la première vision des trois premiers films d’Angelopoulos (il s’agit de « La reconstitution », « Jours de 36 » et « Le voyage des comédiens »), j’avais décrit ma difficulté à entrer dans ces films faisant beaucoup trop référence à l’histoire de la Grèce du 20ème siècle que je ne connaissais (à part le fait qu’il y avait eu la dictature des colonels, un peu comme tout le monde…). En les revoyant récemment, c’était déjà un peu mieux et puis j’ai (un peu) lu sur l’histoire de la Grèce pour mieux la comprendre. Je continuai malgré cela à préférer les films plus récents d’Angelopoulos, plus universels même s’ils font toujours référence à l’histoire de la Grèce.
Avec « Les chasseurs » mon point de vue a changé. D’abord parce que je commence à peu près à me repérer dans la période 1936-1974 comportant une guerre civile, une guerre mondiale et plusieurs dictatures. Mais c’est surtout la manière de traiter l’histoire qui est si originale et intéressante : les protagonistes sont là, dans la salle des fêtes, avec le corps du maquisard étendu sur une table, et par moments l’un deux se détache des autres et rentre dans le passé ou bien encore c’est l’histoire qui se déroule là, devant leurs yeux. J’ai bien aimé d’ailleurs une transition à la manière d’Hitchcock dans « La corde » où la caméra s’arrête dans le dos d’un des personnages, puis repart mais cette fois-ci on est dans le passé.
On voit alors toutes les complicités des personnages aux différents régimes qui se sont succédés depuis l’après-guerre. A la fin du film, on revient en arrière, au tout début du film lorsque les chasseurs découvrent le cadavre. Finalement, il ne le ramènent pas à la salle des fêtes mais l’enterrent comme pour gommer ce passé si gênant.


par tibo, samedi 04 février 2012

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Theo Angelopoulos




Je ne sais pas si je suis triste parce que le plus grand cinéaste vivant s’est éteint (ou plutôt le plus grand en activité puisque Béla Tarr a indiqué que « Le cheval de Turin » serait son dernier film) ou à cause du maigre traitement accordé par les médias à sa disparition, toujours la même dépêche reprise par tous les sites internet, factuelle, laconique, juste un moyen de remplir quelques lignes sur un écran ou dans un journal. Il est vrai qu’actuellement la Grèce intéresse plus pour sa dette que pour ses artistes mais je trouve dommage que la presse n’en ait pas profité pour essayer de faire découvrir l’œuvre , soi-disant difficile d’accès, de ce cinéaste. Ce qui m’a achevé c’est de voir la page culture d’une chaîne d’information le soir de la mort d’Angelopoulos : cinq minutes sur les nominations aux Oscars de « The artist » et puis une interview de Jude Law à propos du dernier Sherlock Holmes. C’est vrai qu’en ne tentant pas de relever le niveau, cette chaîne ne prend aucun risque de zapping…
Mon premier contact avec Angelopoulos, c’était en 1995 lors de la cérémonie de clôture du festival de Cannes où il avait montré toute sa déception de n’avoir eu que le Grand Prix. Il disait : « J’avais préparé un discours pour la palme d’or, je l’ai oublié maintenant, merci beaucoup » en tirant une tronche d’enterrement. Je l’ai trouvé hyper-prétentieux, arrogant, et m’en suis complètement désintéressé. Puis, trois ans plus tard, ce fut enfin la consécration avec « L’éternité et un jour », il avait l’air toujours aussi peu joyeux, je n’ai compris que bien plus tard que cette attitude tenait plus de la réserve, la conscience de sa valeur (et alors ? c’est un défaut quand c’est vraiment le cas ?). Je l’ai encore oublié.
C’est à peu près à cette période que je suis sorti du carcan des films commerciaux Hollywoodiens pour aller voir ailleurs ce qui se faisait. J’ai commencé par Tarkovski, Bergman, Eisenstein, Fritz Lang et finalement j’ai mis beaucoup de temps avant d’aborder l’œuvre d’Angelopoulos. C’était à l’occasion de la sortie d’un double DVD comprenant ses deux films primés à Cannes : « Le regard d’Ulysse » et « L’éternité et un jour ». Je me suis dit, « on verra bien, si cela ne me plaît pas, je m’arrête là ». Et là, j’ai compris ! J’ai compris pourquoi il avait fait la gueule pour le grand prix à Cannes, compris que je découvrais enfin un cinéaste hors pair.
Après la joie, la frustration. Il n’y avait que ces deux films édités en DVD. J’ai réussi quand même à dénicher pratiquement tous ses films, c’était un immense plaisir lorsque mes recherches aboutissaient. Pourtant, ses premiers films (« La reconstitution », « Jours de 36 ») m’ont troublé, je ne me sentais pas concerné par ces histoires fortement inspirées par l’histoire grecque. Esthétiquement, c’était très beau mais pour le reste, je restais sur ma faim. Heureusement qu’au milieu de tout ça, il y avait de vrais bijoux comme « Voyage à Cythère » et surtout le sublissime « Pas suspendu de la cigogne » dont la scène du mariage me reste toujours en tête. C’est avec la scène de la fonte de la cloche d’ « Andréi Rublev » de Tarkovski la scène qui m’a le plus marquée au cinéma.
Pour son dernier film « Dust of time », j’ai attendu désespérément sa sortie en salle en France. Il n’est jamais sorti mais j’ai réussi à le voir. C’était encore un beau moment de cinéma. Je ne savais pas qu’il avait un film en préparation et je redoutais qu’à son âge, avec les difficultés de financement de ce type de cinéma, il y renonce. Malheureusement, c’est une moto qui a mis fin à ce projet.
Je parlais encore de lui au moment de son accident, on m’a offert récemment le coffret de ses sept premiers films, j’ai revu avec plaisir ses trois premiers. Les trois suivants, seuls films d’Angelopoulos que je n’ai pas vus, m’attendent dans ma pile de DVD.
Alors, c’est quoi le cinéma d’Angelopoulos ? C’est tout ce que j’aime ! D’abord de très longs plans séquence. J’ai déjà écrit que pour moi, le changement de plan était souvent un renoncement, une fuite devant l’effort, une facilité. Le plan séquence, c’est exploiter au maximum le décor, les personnages, l’action. Eisenstein montre toute la difficulté de l’exercice dans « Leçons de mise en scène » en imposant à ses élèves de filmer la scène de l’assassinat de la veuve par Raskolnikov en un seul plan et sans mouvement de caméra. Mais évidemment, ce qui rajoute de la beauté à ces plans, c’est le lent mouvement de la caméra qui caresse les personnages, les décors, c’est notre œil qui erre parmi l’action environnante. Ils sont d’autant plus beaux lorsque l’on en sent pas que c’est un seul long plan, on est alors absorbé par l’image et non par la technique.
Ce sont aussi des films très ouverts, c’est-à-dire que le cinéaste demande au spectateur de s’impliquer dans le film pour le comprendre. Il n’y a pas qu’une seule façon de comprendre ses films, ce ne sont pas des films à clés, chacun a la sienne et c’est ce qui fait toute la richesse de ce type d’œuvre. Le risque, c’est que le spectateur ne rentre pas tout à fait dans le film et c’est le cas pour les films d’Angelopoulos qui s’inspirent d’une culture qui n’est pas la mienne. Mais lorsque la sauce prend, et c’est souvent le cas, c’est un vrai moment de bonheur.
Enfin, ce sont les thèmes des films d’Angelopoulos : la nostalgie, la mélancolie, l’histoire des balkans, les racines du cinéma… Tous ses thèmes sont traités avec finesse, à la hauteur de la réserve du cinéaste, ces petites touches me font progressivement passer de la contemplation à la réflexion. Il n’y a que peu de cinéastes qui me procurent cette impression et je les en remercie grandement.
Si je n’avais qu’un souhait, c’est que son œuvre soit un peu mieux connue, les médias accordent un peu plus de place à autre chose que le dernier blockbuster US, c’est un doux rêve… J’espère seulement vous avoir donné envie d’aller voir un de ses films, vous verrez, ces moments rares de cinéma sont une belle expérience.


par tibo, dimanche 29 janvier 2012

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Le vent se lève




Genre : Drame
Réalisateur : K. Loach
Acteurs : C. Murphy,   P. Delaney
Année de production 2005
Pays : UK
Durée : 2h04
Note spectateur :
Note presse :

Synopsis (Source Allociné) : Irlande, 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy dans le dangereux combat pour la liberté...

Ma critique : Pour moi, Ken Loach est un cinéaste qui fait des films sociaux sur l’Angleterre post-industrielle à la dérive (j’ai dû être maqué par « The Navigators » que je n’ai jamais vu !), pourtant ses deux seuls films que j’ai vus sont « Looking for Eric » et « Sweet sixteen » ce qui n’a pas grand-chose à voir avec les aventures des cheminots de Sheffield. Mais bon, je me suis dit « Une palme d’or, ça se regarde » ; je ne fais pas partie des ces snobinards qui boudent les palmes d’or sous je ne sais quel fallacieux prétexte, en fait je crois bien que je n’ai jamais été déçu mis à part peut-être avec « Quand passent les cigognes » qui m’est passé complètement par-dessus la tête.
Ce film c’est d’abord le bel accent irlandais, les paysages et surtout un petit détour vers l’histoire de la constitution de la république irlandaise que je ne connaissais pas vraiment (j’en ai profité pour faire un petit tour sur internet afin de combler quelques lacunes). C’est bien évidemment la deuxième partie du film qui est la plus forte lorsque l’on voit les deux frères se déchirer symbolisant l’opposition des jusqu’au-boutistes et des pragmatiques (du moins c’est comme cela que je les appelle) après les premières concessions du Royaume-Uni envers l’Irlande. C’est assez ubuesque de voir les anciens alliés, voisins et compatriotes se trucider en s’appelant par leurs prénoms et les larmes dans les yeux. Cela montre toute l’horreur de ce que peut être un guerre civile où les convictions politiques dépassent toute l’amitié ou l’amour que peuvent ressentir les adversaires. Ken Loach montre tout ceci sans pathos avec une réalisation très sobre (il n’y a pas de longs travelling sur les landes irlandaises, cela peut faire rigolo dans « Highlander », - je sais c’est en Ecosse mais c’est le même type de paysages – cela aurait été tentant pour un réalisateur médiocre mais ici cela aurait fait très tarte).


par tibo, mercredi 18 janvier 2012

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L'écume des jours




Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : C. Belmont
Acteurs : J. Perrin,   A. Buron
Année de production 1967
Pays : France
Durée : 1h50
Note spectateur :
Note presse : -

Synopsis (Source Allociné) : Colin et Chloé vivent un amour fou. Mais la jeune fille est bientôt victime d'une étrange maladie : un nénuphar pousse dans ses poumons, l'empêchant peu à peu de respirer.

Ma critique : Comment rendre la richesse d’un livre, de son vocabulaire, de ses phrases, ses jeux de mots, il faut être un grand cinéaste et s’appeler Jean Cocteau (je pense à son « Orphée), en bref, il faut être poète pour rendre toute la poésie d’une œuvre aussi riche que « L’écume des jours ». Ce n’est pas le cas de Charles Belmont (que je ne connaissais pas et dont la filmographie est plutôt limitée) et mise à part la partie de tennis à la grenade (qui ne m’avait pas marquée dans le roman), il n’y a pas grand-chose de bien passionnant dans ce film, je me suis ennuyé, me suis presque endormi.
De plus, il manque tout un pan du roman : la maison qui rétrécit au fur et à mesure de la maladie de Chloé, l’assassinat de Jean-Sol Partre, l’enterrement.. mais bon, je n’en suis même plus sûr, à la fin je n’ai plus beaucoup regardé l’écran, ce n’étaient que des traces de couleurs (très moches par ailleurs) sur un pan de mur.


par tibo, lundi 02 janvier 2012

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Alexandre Nevski




Genre : Drame
Réalisateur : S. Eisenstein
Acteurs : N. Tcherkassov,   N. Okhlopov
Année de production 1938
Pays : Russie
Durée : 1 h 52
Note spectateur :
Note presse : -

Synopsis (Source Allociné) : Dans la Russie du XIIe siecle, Alexandre Nevski, prince pacifique d'un peuple de pecheurs, prend le commandement d'une armee pour repousser les hordes barbares qui ont envahi son pays.

Ma critique : Ce n'est que la deuxième fois que je vois ce film m'étant plus concentré sur les films d'Eisenstein des années 20. Ce qui m'a surtout surpris ici, c'est la mise en scène, c'est une succession de plans fixes un peu comme aux débuts du cinéma mais Eisenstein semble laisser de côté le montage intellectuel comme si l'apparition du parlant rendait obsolète cette forme d'expression (en fait, j’ai lu par la suite qu’on lui avait interdit le montage intellectuel). Il faut attendre de nombreuses minutes avant de voir un travelling, il est très court et parcourt les premières lignes de l'armée russe puis un autre qui dévoile les morts sur le champ de bataille après la victoire des russes et enfin une succession de très beaux travellings lors du défilé des héros morts et du prince vainqueur.
Cette manière de présenter un cadre statique n'est pas vraiment gênante, elle est même excellente surtout parce le cinéaste maîtrise à perfection la composition du cadre et utilise la succession de plans fixes comme s'il nous détaillait un tableau, par petites touches. Le cinéaste utilise aussi beaucoup les gros plans et notamment les contre-plongées pour souligner l’aspect héroïque de ses personnages. Mais c'est surtout pendant les scènes de bataille qu'il excelle, tout s'agite dans le plan, on voit la marée noire submerger les capes blanches des chevaliers teutoniques puis une série de gros plans sur chacun des héros frappant de leurs épées les alentours. Eisenstein montre qu'il sait se renouveler, adapter sa forme d'expression au parlant, c'est vraiment de la très belle ouvrage.
Evidemment, derrière tout cela il y a un message de propagande, un an avant le pacte germano-soviétique, alors que les deux pays sont en froid, le cinéaste avertit les allemands : si vous venez chez nous en ennemis, vous subirez le même sort que les chevaliers teutoniques au 13ème siècle.


par tibo, samedi 17 décembre 2011

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Le cheval de Turin




Genre : Drame
Réalisateur : B. Tarr
Acteurs : E. Bok,   M. Kormos
Année de production 2011
Pays : France, Suisse, Hong
Durée : 2h26
Note spectateur :
Note presse :

Synopsis (Source Allociné) : A Turin, en 1889, Nietzsche enlaça un cheval d'attelage épuisé puis perdit la raison. Quelque part, dans la campagne : un fermier, sa fille, une charrette et le vieux cheval. Dehors le vent se lève.

Ma critique : Je l’attendais depuis des mois… Le dernier film de Béla Tarr ! Et peut-être malheureusement le dernier tout court selon son réalisateur puisqu’il peine de plus en plus à financer ses films. Il faut dire que ne sortant que dans deux salles à Paris, il a peu de chances de faire beaucoup d’entrées.
En même temps, je comprends un peu, ce genre de film est bien loin des blockbusters qui peuplent nos écrans et peut en rebuter plus d’un.
« Le cheval de Turin » part de l’histoire de Nietzsche qui un jour de 1889 à Turin étreint un cheval en pleurs et sombre dans la folie pour ne plus en sortir, c’est le destin de ce cheval et de ses propriétaires dont parle le film. Alors que Dieu a crée le monde en six jours, on voit le monde se détruire en six jours, le cinéaste montre ces six journées identiques (du moins au premier abord) du père et de sa fille, le lever, chercher l’eau dans le puits, regarder le monde par la fenêtre et manger une pomme de terre, le coucher. Chaque journée est filmée sous un angle différent mais avec toujours ces magnifiques plans séquence maîtrisés à la perfection par Béla Tarr. La caméra, par ses lents mouvements, distille l’action où chaque parole est rare – mis à part l’irruption d’un voisin débitant comme une mitraillette des textes Nietzschéen. Il faut regarder, réfléchir, s’évader, revenir à l’écran, penser, ce film laisse une place immense au spectateur mais l’amène irrémédiablement vers l’obscurité et la fin du monde.
Comme toujours au cinéma, au bout d’une heure je me sens mal dans mon fauteuil et les mouvements des voisins – ou plutôt des gens qui rentrent cinq minutes dans la salle pour s’apercevoir peu après qu’ils se sont trompés de film – me troublent un peu, c’est dommage, j’attends avec impatience le DVD (mon canapé est plus confortable !) car tout ceci a un peu nui à l’évasion de mon esprit.
La musique, toujours la même, répétitive, lancinante nous conduit lentement vers la dernière scène qui est merveilleuse, l’éclairage est magique, on sent qu’il a été réglé au millimètre, les deux personnages glissent vers le néant, puis le générique, sans musique, la salle qui ne s’éclaire pas (le projectionniste n’était plus dans sa pièce), nous plonge à notre tour dans ce néant. C’est bien difficile après de revenir à la surface de la rue de Rennes et de ses décorations de Noël.


par tibo, samedi 03 décembre 2011

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