Genre : Fantastique R‚alisateur : P. Jackson Acteurs : M. Freeman,   R. Armitage Ann‚e de production 2013 Pays : US, Nouvelle-Zélande Dur‚e : 2h41 Note spectateur : Note presse :
Synopsis (Source Allocin‚) : Les aventures de Bilbon Sacquet, paisible hobbit, qui sera entraîné, lui et une compagnie de Nains, par le magicien Gandalf pour récupérer le trésor détenu par le dragon Smaug. Au cours de ce périple, il mettra la main sur l'anneau de pouvoir que possédait Gollum...
Ma critique : Une première remarque pour commencer : 16 euros pour une séance de cinéma, cela devient délirant. Bon d’accord les places sont numérotées, la salle est très agréable, le 4k et le son Dolby Atmos c’est super. Et cerise sur le gâteau, j’ai croisé Philippe Conticini à l’entrée de la salle mais pour 16 euros, pas de part de Paris-Brest (bon là je plaisante…).
Ce qui m’a plu dans ce film, c’est que la 3D ne se fait pas remarquer et pour une fois je n’ai pas eu de problème de vision (cela doit être l’habitude). J’ai trouvé que les critiques en avaient fait des tonnes en disant qu’il y a de l’action tout au long du film. Ce n’est pas vraiment le cas, c’est quand même un peu long tout ça même si je ne me suis pas ennuyé. Peter Jackson a l’art de distiller cent pages en trois heures et l’on se demande par moments s’il n’a pas un peu rajouté quelques scènes au livre (la dernière fois que je l’ai lu, c’était il y a si longtemps que j’ai du mal à m’en souvenir). C’est le cas de Tauriel, elfe femme ; comme dans le « Seigneur des anneaux » où le cinéaste donne une place plus importante à Arwen que dans le livre, on sent le coup marketing destiné à attirer un peu plus de public féminin. Tauriel est une pure invention de l’auteur.
Les scènes de combat sont impressionnantes, peut-être un peu moins que dans le premier opus mais c’est quand même très bien fait, notamment les deux grandes scènes de bataille entre les Orques, elfes et nains sur le fleuve et surtout l’affrontement avec le dragon Smaug. Et le cinéaste rajoute une petite dose d’humour qui fait du bien.
Alors, alors… Bien sûr j’irai voir le troisième volet et j’achèterai probablement le Blu-ray. Mais ce film reste un film d’action et fantastique bien fait sans toutefois avoir le côté magique du livre.
Genre : Drame R‚alisateur : C. Offenstein Acteurs : F. Cluzet,   S. Seghir Ann‚e de production 2013 Pays : France Dur‚e : 1h36 Note spectateur : Note presse :
Synopsis (Source Allocin‚) : Yann Kermadec voit son rêve se réaliser quand il remplace au pied levé, son ami Franck Drevil, au départ du Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire. Habité par une farouche volonté de gagner, alors qu'il est en pleine course, la découverte à son bord d'un jeune passager va tout remettre en cause.
Ma critique : Alors, est-ce que François Cluzet allait en faire des tonnes en prenant son ton de mec super énervé comme il sait si bien le faire (voir par exemple dans « Les petits mouchoirs ») ? Et bien non, et c’est rassurant. Je trouve qu’il joue très juste tout au long du film, il est très crédible en vieux loup de mer même si je n’y connais pas grand-chose à la voile. En fait, si je classais ce que j’ai préféré par ordre décroissant, il y aurait d’abord les images, puis François Cluzet et enfin l’histoire.
Les images sont superbes, cela donne vraiment envie d’aller faire un tour en mer, on vit la course, la mer calme, les creux impressionnants… La seule chose qui est un peu décevante, c’est le Cap Horn. On s’attend plutôt à une mer déchainée, une pluie battante, et là tout est calme. Cela me rappelle mon premier contact avec le Loch Ness, je voulais voir un lac embrumé cachant ses trésors aux touristes, j’ai trouvé une mer d’huile, sans une seule vaguelette. Déceptif !
Autre reproche que l’on pourrait faire au film, c’est que l’on ne se rend pas compte que c’est une course autour du monde, cela va un peu trop vite. Fallait-il rallonger le film d’une demi-heure pour montrer la solitude du marin face à l’océan ? Je n’en suis pas sûr. C’est vrai que l’on a l’impression qu’il se passe toujours quelque chose : coup de téléphone, problème électrique, endormissement… mais au moins cela permet de ne pas s’ennuyer et même si je revendique le droit à l’ennui dans un film, je comprends que le cinéaste ait voulu toucher un large public en rendant ce film accessible.
L’histoire est quant à elle assez banale avec une fin très morale mais ce n’est pas si important que cela, on passe un très bon moment d’évasion sans se prendre la tête et c’est déjà très bien.
Genre : Fantastique R‚alisateur : M. Carné Acteurs : Arletty,   F. Ledoux Ann‚e de production 1942 Pays : France Dur‚e : 1h50 Note spectateur : Note presse :
Synopsis (Source Allocin‚) : Satan délègue, sous l'apparence de ménestrels, deux de ses suppôts, Dominique et Gilles, pour semer malheur et destruction sur Terre en l'an de grâce 1485. Alors que Dominique réussit sa mission en soumettant à son emprise séductrice le baron Hugues et Renaud, le fiancé de sa fille Anne, Gilles faillit à sa tâche en succombant amoureusement devant la pureté d'Anne à laquelle il ne devait apporter que tourments. Leur amour déchaîne le courroux de Satan qui intervient en personne pour achever son œuvre de désolation comme il l'entend.
Ma critique : Un film en costume dont l’action se déroule au Moyen-âge, ce n’était pas très engageant. Mais Marcel Carné, Prévert et Arletty étaient des bons arguments pour que j’achète le DVD. Et malheureusement, ce film a été à la hauteur de mes premières attentes : décevant. Je n’ai pas retrouvé la poésie de Prévert des « Enfants du Paradis », du « Jour se lève » ou bien encore de « Quai des brumes » ; sauf peut-être à la fin lorsque les cœurs des deux amants transformés en pierre battent encore au grand désespoir du diable.
C’est vrai qu’il n’est pas forcément facile de faire un film ayant un aspect moderne lorsqu’il se passe au Moyen-âge, la palme revenant à « Perceval le Gallois » de Rohmer qui est peut-être une prouesse ou plutôt une expérience mais un peu trop longue à mon goût pour ne pas provoquer l’hilarité. Si la modernité n’est pas dans l’action, les décors, les costumes, le cinéaste souhaitant coller au mieux à la réalité, il faut alors travailler sur la mise en scène et surtout l’image, la lumière, les mouvements de caméra. Mis à part la transformation d’Arletty en femme (ou tout au moins en habit de femme) qui est amusante mais sans plus, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. C’est de l’archi-classique, bien fait mais finalement assez ennuyeux. Là où Murnau, Eisenstein, Fritz Lang, Vertov ont réussi, Marcel Carné a échoué.
En y repensant, il y a quand même un autre moyen non technique de rendre attrayant un film au premier abord désuet, il faut y mettre beaucoup, beaucoup de poésie et là un autre grand poète y a réussi : il s’agit de Cocteau dans « La belle et la bête » que j’ai revu récemment avec un immense plaisir.
Voilà, désolé d’avoir descendu un grand classique du cinéma français mais les monuments sont faits pour être détruits quand leur beauté n’est plus que dans le monumental.
Genre : Science-fiction R‚alisateur : A. Cuaron Acteurs : C. Owen,   J. Morre Ann‚e de production 2006 Pays : US, UK Dur‚e : 1h50 Note spectateur : Note presse :
Synopsis (Source Allocin‚) : Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection...
Ma critique : Je ne goûte pas vraiment les films qui se passent dans un monde post-apocalyptique probablement parce que je pense aussi que ce monde est possible. Notre monde est le résultat d’une lente mutation peuplée de sauts comme l’invention de l’agriculture ou la révolution industrielle. Ces sauts sont toujours allés dans le sens du progrès mais ce qui s’est passé par exemple pour les Mayas pourrait toucher toute notre civilisation. En une génération nous pourrions nous trouver au même stade que les acteurs des « Fils de l’homme » ; une des plus grandes qualités de l’espèce humaine étant l’adaptabilité aussi bien dans le progrès que dans la régression, ce nouvel équilibre est tout à fait probable. Ce n’est pas parce je crains ce monde que je ne veux pas le voir décrit dans un film, c’est plutôt parce que ce qui m’intéressait vraiment ce serait la description de la transition d’un monde à l’autre un peu comme dans le roman « Malevil » de Robert Merle (dont la transposition à l’écran n’est pas vraiment réussie).
J’ai lu sur « Allociné » que ce film comportait de nombreux plans séquence, la caméra étant comme un autre personnage du film reproduisant le regard du héros principal. Je ne l’ai remarqué que vers la fin lors d’une des nombreuses séquences de violence, il y a du sang sur la caméra qui continue à tourner autour de l’action, là cela devient vraiment crétin. Est-ce important ou non de remarquer qu’un film est fait de nombreux plans séquence ? Non, si c’est uniquement une prouesse technique un peu comme dans « Irréversible » car cela devient plus un argument marketing qu’autre chose. Mais bien évidemment oui lorsque la caméra caresse lentement l’action en battant suivant le même rythme que l’action ou la réflexion du spectateur. En bref, un plan séquence doit être discret mais pas trop. L’équilibre est ténu entre la grosse ficelle commerciale ou l’exploit technique comme dans « L’arche russe » et l’absence totale de perception du spectateur. Le réalisateur des « Fils de l’homme » est passé alternativement par les deux extrêmes sans jamais trouver l’équilibre.
Et je n’ai toujours pas parlé de l’histoire. Pourquoi ? Parce qu’elle est insignifiante, inintéressante et complètement prévisible et réchauffée. Et j’ai oublié de parler du thème de l’immigration qui est omniprésent. C’est bien pensant mais cela sent trop la récupération pour pouvoir m’intéresser. C’est un grand ratage où même si je ne me suis pas ennuyé, je n’y ai pris qu’un tout petit plaisir.
Genre : Fantastique R‚alisateur : J. van Dormael Acteurs : J. Leto,   S. Polley Ann‚e de production 2009 Pays : France, UK, Belgique Dur‚e : 2h17 Note spectateur : Note presse :
Synopsis (Source Allocin‚) : Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues.
Ma critique : Mr. Nobody fait partie de ces films auxquels j’accroche tout de suite et je finis par les noter quatre étoiles en me disant qu’il faudrait que je les revoie. Pourquoi les revoir ? Probablement parce que je n’ai pas saisi toute leur complexité ni leur message du premier coup. Mais c’est peut-être là que le bât blesse, à force de vouloir multiplier les messages, le cinéaste ne dépasse pas le rase-mottes ; c’est ce que j’ai souvent écrit à propos de Woody Allen. Cette suite de « concept droping » peut facilement dériver vers le pseudo intellectualisme. Ces films ne laissent que peu de temps pour respirer, digérer un peu comme si on lisait les aphorismes de Nietzsche à la chaîne sans prendre le temps de faire une courte pause entre chacun de ses petits paragraphes pour en apprécier toute la finesse. Les longs plan séquences de Tarkovski ou d’Angelopoulos (encore eux !) sont au contraire un moyen de ne pas finir en complète asphyxie. D’un autre côté je suis le premier à dénoncer les livres monoconceptuels ; les auteurs arrivent à tirer quelques centaines de pages d’une seule idée. C’est peut-être un peu par jalousie, j’ai du mal à broder, pour moi chaque mot compte. Je préfère la façon de boire le cognac de Talleyrand : « On prend le verre, hume les parfums, on repose le verre et puis on en parle ». Du moins c’est mon idéal car il m’arrive aussi de pratiquer la lecture au kilomètre, c’est surtout dû à ma grande gourmandise et je regrette par moments de rater les meilleures saveurs.
Il est bien difficile de trouver l’équilibre entre l’orgie et la contemplation. Je ne sais pas si je peux regarder pendant une heure le jardin zen de Ryoan-ji, compter chaque raie tracée dans les graviers, regarder un à un les trois amas de pierre et de mousse mais je sais qu’en le quittant ma frustration était grande, je n’étais pas seul. Le processus associatif est lent à mettre en place, en tout cas pour moi, savoir se libérer des stimuli environnants pour concentrer sa conscience sur ces quelques cailloux me demande un sacré effort.
Bien sûr le film tourne autour d’un de mes thèmes préférés : le déterminisme et c’est pourquoi il m’a plu. A ce thème s’accroche les concepts d’augmentation de la complexité, de la causalité, de l’immortalité de la matière. Les petites séquences où Nemo explique l’entropie, la création concomitante du temps et de l’univers sont plutôt pas mal faites. Même si je pense qu’il aurait pu éviter l’allusion à la théorie des cordes qui a dû perdre pas mal de spectateurs. On ne se sent pas intelligent parce qu’un film débite des termes soi-disant intelligents mais parce qu’on le comprend.
J’ai déjà écrit sur le déterminisme à propos de l’excellent film de Kieslowski : « Le hasard ». Il commence comme « Mr. Nobody », la destinée du héros dépend du fait qu’il arrive ou pas à attraper un train. Mais il va beaucoup plus loin que « Le hasard » qui est plutôt marqué par un pessimiste comme dans une tragédie grecque. Le libre-arbitre est complètement gommé, tous les chemins mènent à la même issue dramatique comme si ce qui se passait entre le point de départ et de fin n’étaient que des stériles gigotements. « Mr. Nobody » nous embrouille volontairement mêlant le rêve à la réalité et à la fin on en sait plus si tout ceci n’était pas les mondes crées par un adolescent comateux. Si ma propre réalité n’est pas une réalité alors pourquoi mon rêve ne serait pas une réalité aussi valable que celle qui tente de s’imposer à mes yeux. Et on revient encore et toujours à Platon. Toutefois, je pense que le cinéaste aurait pu s’affranchir de passer trop rapidement d’une séquence à une autre, comme pour expliquer que tout ceci n’est pas vraiment simple. Ou bien était-ce pour illustrer un nouveau concept, sous-jacent, qui transpire à travers toutes les images du film : les univers parallèles. Ces mondes se séparent lorsque le petit garçon hésite entre suivre sa mère ou rester avec son père. Ils déroulent alors chacun leurs fils à partir de cette causalité initiale. La vie n’est alors qu’une suite de déterminismes ponctués de quelques choix ou plutôt d’un seul choix initial. Chacun de ces univers est bien réel. Ou bien encore ce film ne serait-il qu’un prétexte pour illustrer un moment de libre-arbitre parmi tant d’autres rompant ainsi complètement avec le déterminisme ? C’est la fin qui permet de saisir la pensée du cinéaste : Nemo âgé dit avec la voix du petit enfant « Aux échecs, on appelle ça le Zugzwang, quand le seul coup valable pour s'en sortir... serait de ne pas jouer ». J’ai pu penser alors que balance penchait alors complètement du côté du déterminisme. Maintenant, un jour après avoir vu le film je ne sais plus trop. Et c’est cela qui me fait hésiter dans mon jugement un peu comme comme pour « The fountain » d’Aronofsky qui de visionnage en visionnage m’a fait écrire tout et son contraire, une fois je criais au génie et la fois d’après à l’honteuse supercherie intellectuelle.
La leçon de tout ça ? Ne pas confondre complication et complexité. Les problèmes abordés sont complexes, la complication ne sert qu’à les rendre plus inintelligibles. A vouloir se prendre pour Kant, le cinéaste glisse irrémédiablement vers Woody Allen et ça c’est mal ! Je lui conserve néanmoins ses quatre étoiles car il m’a permis de passer quelques heures agréables notamment en écrivant ces quelques lignes même si j’ai l’impression de ne pas avoir avancé d’un millimètre dans ma réflexion.
Genre : Comédie R‚alisateur : C. Autant-Lara Acteurs : D. Darrieux,   J. Desailly Ann‚e de production 1949 Pays : France Dur‚e : 1h42 Note spectateur : Note presse : -
Synopsis (Source Allocin‚) : Amélie, une cocotte entretenue par Milledieu, se prête à un mariage blanc pour aider Marcel, un ami de son amant, à toucher un héritage. Mais une idylle naît entre les faux mariés.
Ma critique : Un film inspiré d’une pièce de Feydeau cela ne promettait pas vraiment. Comment peut-on faire d’un vaudeville (quel que soit sa qualité intrinsèque) un grand film ? Et bien, Claude Autant-Lara a trouvé la solution. Ce n’est ni du théâtre filmé, ni du cinéma. Ici, tout se mélange : la scène de théâtre devient scène de cinéma puis le rideau nous fait revenir au théâtre, les acteurs rentrent dans leur loge, accueillent les spectateurs qui eux-mêmes vont participer et troubler l’intrigue. L’idée est excellente, elle donne de la vie à la pièce. La différence entre le cinéma et le théâtre c’est que le metteur en scène de cinéma force l’œil du spectateur alors que celui de théâtre lui laisse la liberté de faire errer son regard sur les différentes parcelles de la scène. Mais, malheureusement, la conséquence c’est que la vue d’ensemble devient statique, limité au cadre de la scène ; alors que le cinéaste peut donner de la vie en faisant bouger sa caméra. Claude Autant-Lara se débrouille très bien dans ce domaine d’ailleurs. Dès la première scène le travelling arrière sur l’acteur courant dans la rue annonce la couleur, il est magnifique. Le cinéaste a bien travaillé ses plans pour rompre avec la monotonie du cadre fixe du théâtre. Mais il nous rappelle toujours que c’est du théâtre notamment lors des scènes d’extérieur (dans la caserne par exemple) puisque le décor mélange le naturel et le carton-pâte.
Et le reste ? C’est du Feydeau : c’est amusant, facile à suivre, avec des petits rebondissements, des gags (un peu trop à rallonge pour certains). Mais il y aussi des lourdeurs comme le jeu un peu trop surjoué de Jean Desailly. Je sais que cela fait partie des canons du vaudeville mais bon, c’est un peu trop vieillot à mon goût.
Genre : Science-fiction R‚alisateur : R. Scott Acteurs : M. Fassbender,   N. Rapace Ann‚e de production 2012 Pays : US Dur‚e : 2h03 Note spectateur : Note presse :
Synopsis (Source Allocin‚) : Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.
Ma critique : L’avantage de voir un film sur un petit écran c’est que cela permet de se concentrer plus sur l’histoire que sur les effets spéciaux. Je veux bien croire que sur grand écran et en 3D le spectacle vaille le coup mais là, je me suis cru en face d’une série B. L’autre inconvénient du petit écran, c’est que l’on se laisse facilement déconcentrer, mon Mac est à portée de main donc dès que je lâche un film, j’ai tendance à surfer pour voir tout et n’importe quoi au gré des mes inspirations. Je suis même parti cinq minutes vers la fin du film et j’ai complètement perdu le fil (cela devait être la seule scène importante de l’intrigue !) que je n’ai retrouvé qu’en revisionnant ce bout du film une fois celui-ci terminé.
Bref, bref… Un méga-ennui. Quand je pense qu’il y a trois jours j’ai revu pour au moins la cinquième fois un film où il ne se passe pas grand-chose, la même musique revient tout le temps, il y a moins de 200 plans et pas un seul effet spécial et cerise sur le gâteau Brigitte Bardot qui n’est pas mon actrice préférée. Ce film c’est « Le Mépris » de Jean-Luc Godard et comme à chaque fois il m’a complètement conquis. Il faut dire, je l’avais vu sur grand écran !
Tout ceci pour conclure à deux choses :
- Premièrement, le cinéma c’est d’abord une bonne histoire. Alors si vous voulez voir toujours le même film hyper-formaté, bourré d’effets spéciaux avec une histoire digne de « Oui-oui va à la plage », allez plutôt voir le nième épisode d’« Expandables », c’est pareil (du moins je crois car je n’ai pas vu un seul épisode)
- Deuxièmement, télévision et cinéma ne font pas bon ménage. Si vous croyez qu’il suffit de se mettre à cinquante centimètres d’un grand écran plat pour avoir les mêmes sensations qu’au cinéma, vous vous trompez. Il faut être entouré par l’image pour vraiment apprécier un film.
Genre : Documentaire R‚alisateur : C. Lanzmann Acteurs : -,   - Ann‚e de production 1974 Pays : FR Dur‚e : 9 h 30 Note spectateur : Note presse : -
Synopsis (Source Allocin‚) : Claude Lanzmann fait revivre le voyage des Juifs europeens vers la mort au cours de la derniere guerre. Pas une image d'archives, pas une ligne de commentaire: un film d'histoire au present.
Ma critique : J’ai écrit une première version de ce texte sous le coup de l’émotion après une conversation qui m’avait beaucoup énervée. A table, un des convives relatait ses maigres et récentes connaissances de la Shoah ; c’était un peu à la façon de « Martine découvre Auschwitz », naïf montrant plus d’attachement aux détails morbides qu’à la recherche de la compréhension de ce qui est pour moi un des faits majeurs du vingtième siècle. Ce n’est pas une crise créant une rupture dans la linéarité de l’histoire et conduisant à un nouvel ordre comme pouvait l’être la seconde guerre mondiale prise dans son intégralité. Mais c’est un événement majeur de l’histoire de l’humanité. Parce que, pour moi, ce génocide est à part. Il est bien différent des autres, non pas par le nombre des morts, ni par son côté systématique. Non, c’est surtout par la façon dont il a été mené : de manière scientifique, industrielle, organisée. C’est la seule fois à ma connaissance où un génocide a été conçu comme une entreprise, planifié, régi par une administration spéciale même si l’on voit toutes les hésitations, atermoiements, luttes entre administrations pour arriver à la solution finale ; mais une fois la machine lancée, plus rien ne l’a arrêtée. La haine n’est peut-être pas bien différente de celle exacerbée par les autres génocides mais elle a été détournée pour construire une froide organisation qui au lieu de produire des voitures, s’est mise à produire des morts. Lorsque l’on lit « La destruction des juifs d’Europe » de Raul Hilberg, détaillant schématiquement tous les rouages de cette industrie, on comprend toute la spécificité de la Shoah. Jamais l’humanité n’est tombée aussi bas.
Moi aussi, je me suis intéressé aux détails morbides dévorant tous les livres de Christian Bernadac (qui portent principalement sur les camps de concentration et non pas les camps d’extermination et ne s’intéressent quasiment pas au sort des juifs), j’ai vu les films montrant les horreurs découvertes par les américains lors de la libération des camps… je détestais « Shoah » de Claude Lanzmann, œuvre monumentale de plus de neuf heures rassemblant de façon un peu désordonnée des témoignages des rescapés des camps, d’abord parce que cinématographiquement, cela n’avait rien à voir avec un film, ensuite parce que je ne comprenais pas pourquoi il avait été encensé par la foule des bien-pensants. Je lui préférais nettement « Nuit et brouillard » d’Alain Resnais, plus visuel et surtout beaucoup moins long qui lui ne montre que des images d’archives commentées par Michel Bouquet, le texte étant de Jean Cayrol.
Et c’est là qu’arrive la pornographie, à force de vouloir tout voir, on en veut toujours un peu plus. Pourtant c’est malheureusement toujours un peu la même chose. Il y a bien sûr des variantes comme les pitreries de la mini-série « Holocauste » où on a l’impression que les détenus d’Auschwitz sont habillés pour un défilé de mode ou bien encore la scène polémique des douches dans « La liste de Schindler ». D’ailleurs, pour continuer un peu avec ce film, malgré l’utilisation noir et blanc qui n’est là que pour apporter un côté esthétisant et souligner la robe rouge de la petite fille, il a néanmoins un apport majeur au delà de ses images violentes ; il souligne la déshumanisation des victimes. Et c’est là le point important de la Shoah. La scène qui m’a le plus marquée c’est lorsque Amon Göth prend sa carabine et abat des détenus pour son petit déjeuner du haut de la terrasse de sa maison surplombant le camp. Comme ça, par hasard, par plaisir, par ennui. Tous ces détenus qui grouillent devant lui ne sont rien pour lui, que des numéros qu’il doit affamer et exploiter au mieux la force de travail. Il est comme le petit enfant qui ne reconnaît de conscience que la sienne, petit roi de son univers clos. Ce ne sont plus des êtres humains, ce sont des fourmis qui s’agitent devant lui. C’est un peu maigre pour un film de plus de deux heures car je ne suis pas sûr que cela soit le principal message qu’ait voulu transmettre le Spielberg, moi c’est le seul qui m’ait intéressé.
Pour moi, rien ne remplacera le témoignage d’Abraham Bomba dans « Shoah » de Claude Lanzmann. Tout en coupant les cheveux d’un client dans son salon de coiffure il décrit comment il coupait les cheveux des détenus juste avant leur entrée dans les chambres à gaz. Puis il s’arrête, Claude Lanzmann lui demande de continuer, on sent tout le désespoir d’Abraham. Jamais un film de fiction n’arrivera à rendre ce sentiment, cette impression. Ce n’est pas uniquement la mort du corps des hommes qu’il faut montrer, c’est la mort de leur esprit, et là cela devient beaucoup plus compliqué. Dans les camps d’extermination, l’avilissement de l’âme était un préalable à l’extermination physique, les détenus se faisant alors amener docilement jusqu’aux chambres à gaz. Le pire crime n’est-il pas l’ « espricide », c’est-à-dire dans une vision dualiste de la nature humaine, la torture morale conduisant l’homme à perdre toute son humanité pour retourner vers sa nature animale. Pour reprendre les mots de Raul Hilberg, l’attitude des nazis vis-à-vis des juifs est passée de « vous ne pouvez plus vivre parmi nous » à « vous ne pouvez plus vivre » et je rajouterai « vous ne faites plus partie du genre humain ».
J’ai retrouvé la même sensation dans « Naufragés et des rescapés » de Primo Levi, c’est son dernier livre, publié peu avant de mourir ; il y montre tout son désespoir d’avoir réchappé aux camps, ce livre m’a vraiment bouleversé bien plus que « Si c’est un homme » qui avait le principal mérite d’être un des premiers livres de témoignage. Est-il mort accidentellement ou s’est-il suicidé ? En lisant ce livre, je comprends qu’il n’a jamais pu vaincre le sentiment de culpabilité que lui avait infligé ses tortionnaires, ils ont tué et supprimé les morts mais ont aussi détruit l’âme des survivants. Une partie de lui est restée dans les camps.
Alors tous les détails : la différence entre camps de concentration et d’extermination, savoir quels camps utilisaient le Zyklon B, lire « Arbeit macht frei » à l’entrée du camp d’Auschwitz ne sont pas importants, pas plus que les descriptions de mort. Ce qui compte le plus pour moi, ce sont les témoignages vidéos, oraux ou écrits. Mais surtout les témoignages vidéos. Rien ne pourra remplacer le regard d’un homme ou d’une femme racontant son histoire. Ni l’ « adoption » d’un enfant déporté, ni la visite d’un camp.
Je crois que tout montrer n’est pas la bonne solution, nous sommes tellement habitués aux images violentes qu’il n’est peut-être plus possible aux jeunes générations de faire la différence. Montrer la violence est une forme de pornographie alors que la raconter est nettement plus touchante. Je poursuis mon parallèle avec le cinéma : quelle différence entre la clitoridectomie d’ « Antichrist » et le corps torturé des « Mémoires de nos pères ? » Dans le premier on voit tout et la seule réaction est le dégoût qui nous fait détourner la tête. Dans le second, on ne voit rien, ou plutôt seulement le regard dégoûté des soldats américains et là l’imagination bat son plein, si le cinéaste ne le montre pas, c’est que cela doit être vraiment terrible. C’est toute la différence entre la pornographie et l’érotisme, le pouvoir de suggestion est nettement plus fort. Peut-on imaginer des images de fiction permettant de rendre toute l’horreur des camps, peut-être un jour ? « La liste de Schindler » le fait en partie. Mais pour moi, cela ne restera qu’un film qui, surtout s’il est commercial, risque rapidement de sombrer dans le pathos comme « La rafle » qui n’est là que pour arracher des larmes aux spectateurs.
La mémoire ne peut être cultivée que par les témoignages, j’en suis de plus en plus convaincu. Tous les voyages, documentaires sur les camps, les chambres à gaz ne sont rien s’ils ne sont pas couplés à la parole des vivants mais aussi aux écrits des morts. Primo Levi a dit que c’étaient surtout les « privilégiés » qui s’en étaient sortis, d’où son sentiment de culpabilité. Peut-être… C’est pour cela qu’il faut aussi lire les manuscrits des déportés des Sonderkommandos (équipes de détenus qui s’occupaient des chambres à gaz et étaient régulièrement liquidées) qui ont été retrouvés près des chambres à gaz d’Auschwitz. Ils étaient au plus près de l’horreur et leur témoignage est essentiel.
Alors oui, grâce à cet enchaînement de témoignages, le film « Shoah » est un monument, monument au pire de ce que peut-être l’être humain lorsqu’une la foule suit quelques fous furieux comme des moutons. Non pas que je crois à la méchanceté naturelle de l’homme, ni à sa bonté naturelle d’ailleurs ; je pense que rien n’est écrit, c’est à chacun de choisir sa voie, le plus grand écueil étant d’oublier qui faut aussi savoir se rebeller. La rébellion n’est pas dans la nature du plus grand nombre comme l’ont montré les expériences de Milgram sur la soumission à l’autorité, il est bien plus simple de suivre le chemin tracé par quelques bergers, quelle que soit cette voie, même si elle conduit à des actes en contradiction avec la morale universelle (notion qui d’ailleurs n’est pas très claire pour moi, il faudrait plutôt parler du système moral du plus grand nombre à un moment donné de l’histoire).
Ce film ne brille pas par ses qualités esthétiques, il est monté de façon bizarroïde, Claude Lanzmann est parfois énervant lorsqu’on le voit insister pour tirer quelques paroles supplémentaires à ses interlocuteurs mais c’est cette image animée qui (me) permet de comprendre tout ce qui s’est passé là-bas. J’aurais pu donner comme titre de cette critique : « La Shoah en images : érotisme ou pornographie ? ». Et la réponse est érotisme bien sûr car aucune fiction n’arrivera à rentrer dans l’être conscient des victimes et de leurs bourreaux.
« Il y a de cinéastes qui montrent le monde tel qu’il est et ceux qui le montrent tel qu’ils le voient ». Cette citation de Tarkovski est un peu manichéenne tellement il y a de degrés entre l’hyperréalisme d’un film de guerre Hollywoodien comme par exemple dans la première scène d’ « Il faut sauver le soldat Ryan » qui n’est là que pour provoquer des hauts le cœur et le monde spirituel de Tarkovski dans « Le sacrifice ». Aujourd’hui je veux parler ce cinéma de l’imaginaire que j’ai apprécie tant. J’ai revu récemment « La montagne sacrée » de Jodorowsky et je me suis posé la question suivante : est-ce une vision métaphorique de notre monde ou une vision complètement libérée de tout jugement conduisant pour paraphraser Soulages à une outre-réalité, une sorte d’épochè husserlienne (Wikipedia : Chez Husserl et dans la phénoménologie, l'épochè désigne la « mise entre parenthèses » de la thèse naturelle du monde, c'est-à-dire la croyance à la réalité extérieure du monde). Il ne faut pas chercher à traduire chaque scène en message : la critique de la société capitaliste moderne à travers les neuf hommes et femmes des neuf planètes mais plutôt à y voir une incursion dans le subconscient du cinéaste. Ou bien dans son conscient ? Lorsque je pense aux œuvres de Giacometti, je suis toujours étonné de son discours : pour lui ses portraits et sculptures ne sont pas des visions psychanalytiques ou cachées de ses modèles, c’est vraiment ce qu’il voit (et sans abuser de substances illicites à part un peu trop de cigarettes et de café !). Il a peint et sculpté des centaines de fois Diego et Annette, détruisant incessamment son œuvre, ne finissant jamais ou bien plutôt renonçant à finir en envoyant ses statues à la fonte, lorsque ce n’est pas ses modèles qui renonçaient. C’est comme si Jodorowsky et Giacometti vivaient dans une autre caverne que la mienne. Moi-même, je ne me vois pas en face d’un miroir comme sur une photographie ou un film, mes cheveux fantômes me jouent des tours. Mais ma réalité subjective (car je n’arrive pas à éliminer tout jugement surtout lorsqu’il s’agit de moi !) n’est pas bien différente de la réalité objective d’un objectif photographique. Si tenté qu’il soit vraiment objectif ! La différence entre MA réalité et LA réalité est bien ténue contrairement à celle de Jodorowksy et Giacometti. Alors si ma réalité n’est pas bien différente de la vraie réalité (qui n’existe pas), comment puis-je entrer dans la leur ? En ne faisant surtout pas référence au réel, en pratiquant l’épochè bien sûr !
Mais, en considérant le cinéma comme un art, je me demande toujours comment on peut rendre sa réalité à travers une pellicule, de la lumière, comme pourrait le faire un sculpteur avec ses mains dans la terre glaise ? Finalement ce n’est pas très important de le savoir puisque chacun d’entre nous va poser un œil différent sur cette réalité, seul l’artiste pourrait répondre à cette question. C’est terrible de penser cela : un artiste ne peut toucher le monde comme il le souhaiterait, il est soumis au prisme déformant du spectateur qu’il ne peut contrôler.
Et moi qu’est-ce que je vois dans « La montagne sacrée » ? Ma première impression du monde de Jodorowsky est assez négative comme pouvait l’être mon attitude lorsque j’ai visionné ce film. Je vais encore citer un de mes textes préférés : "Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité." Les gesticulations des neuf hommes et femmes pour remplacer les neuf sages et conquérir l’immortalité ne sont qu’une illusion stérile comme le montre la fin du film, tout ceci n’était que du cinéma, c’est pour de faux comme diraient les enfants. Alors, est-ce que « l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. A lui de choisir entre le royaume et les ténèbres. » Le pessimisme de Monod est tentant mais autant se jeter par la fenêtre. Ce que je n’aime pas c’est sa vision déterministe du monde, comme si tout était dû à des séquences de nucléotides. Je préfère voir dans ce film une fable existentialiste ; le vagabond c’est moi, les autres sont l’autre. Le vagabond se fait balloter au début du film puis se prend en main pour devenir comme l’autre, un membre de la communauté, afin de donner une essence à son existence. Ce n’est pas son déterminisme qui le conduit à la montagne sacrée, c’est sa volonté ou plutôt son libre arbitre. Il est ce qu’il fait. Ce que veut dire ce film (selon moi toujours !), c’est que le salut vient de la normalité, non de l’exceptionnel. Le vagabond n’est pas un futur prophète dont le destin est d’embrigader une bande d’orphelins, ce n’est qu’un homme parmi tant d’autres qui retrouve sa place dans la société tout comme le marchand d’armes, la fabricant de lits ou l’artiste.
Evidemment cette vision n’a rien à voir avec le film, ce n’est qu’un jeu de l’esprit. Ou pas !
Genre : Comédie dramatique R‚alisateur : W. Allen Acteurs : D. Wiest,   M. Farrow Ann‚e de production 1987 Pays : US, Brésil Dur‚e : 1h22 Note spectateur : Note presse : -
Synopsis (Source Allocin‚) : Six personnes sont reunies dans une maison de campagne du Vermont a la fin de l'ete. Entre chacune d'elles des liens intenses et affectifs et une impossibilite totale a communiquer.
Ma critique : Cela a mal commencé. Au bout de dix minutes je me suis dit : « encore un Woody Allen où ça parle trop. Stop ! Arrête la caméra une minute. Laisse-nous un peu souffler Woody !». C’est comme si la parole n’était que la seule forme de langage. Pour moi, le début du film ressemble trop à du théâtre et pas assez à du cinéma. Woody Allen n’exploite pas toutes les possibilités de cet art. Et cela s’enlise progressivement. Heureusement que le film est court !
Puis les personnages commencent à s’installer : l’homme mûr amoureux de la dépressive amoureuse de l’écrivain, amoureux lui-même de la femme déçue par son mariage. Et tout ce petit monde entouré d’une ancienne star égocentrique accompagnée par son nième mari aux ordres. Les personnages sont assez tranchés mais le traitement est tout en finesse. J’ai pensé à un moment à Bergman, surtout quand la crise explose. Elle dure peu de temps, quelques minutes à peine. Mais tout d’un coup le monde de Lane s’écroule : elle découvre que sa meilleure amie est avec l’écrivan, sa mère ne veut plus vendre la maison. Et la scène se poursuit avec les acheteurs potentiels de la maison qui ne pensent qu’à leur petit confort et ajoutent un côté comique à l’action. Cette courte crise finie, chacun va revenir à son petit train-train habituel, trouver des occupations pour meubler sa vie et vaquer son chemin.
Je parlais de Bergman, ce film n’en a pas la force ni l’intensité dramatique. De plus, comme souvent avec Woody Allen, j’ai peu apprécié sa manière de balancer des réflexions métaphysiques au milieu de tout le reste. C’est pseudo-intello, ne dure pas assez longtemps, on reste vraiment sur sa faim avec la scène sur l’univers qui n’est là que pour meubler quelques minutes du film. Enfin, je trouve que le film démarre un peu trop lentement à mon goût, ce qui est étrange pour une durée de seulement 1 h 20.
Alors, Woody Allen grand cinéaste ou philosophe de comptoir ? Je suis assez partagé. Pour moi, il y a quand même un peu trop de déchets à l’intérieur de ses films et au sein de son œuvre.